Tyke l'éléphant qui rêvait de liberté !

Tyke l'éléphant qui rêvait de liberté !
L’histoire tragique de Tyke débuta en 1974.
Alors que cette éléphante n’était encore qu’un bébé, elle fut arrachée à sa famille en Afrique, et transportée en Amérique.
La vie de Tyke allait devenir un enfer.
L’enfer du cirque, l’enfermement à vie, la souffrance, la maltraitance, la soumission allaient faire partie de son quotidien.

 
Tyke pleurait de douleur
 
En juin 1988, selon les documents de l'USDA (United States Department of Agriculture), Tyke a été battue en public par John Caudill, son entraineur.
Elle criait, et devait se pencher sur trois jambes pour éviter d'être violentée.
Par la suite, l'éléphant était si craintif qu'il se remettait à crier et à tenter de s'échapper à la seule vue du gardien.
 
Tyke passait la plupart de son temps enchaîné à ne rien faire. L'absence d'exercice lui faisait mal aux articulations. Son régime alimentaire était monotone. Elle se tenait dans la boue et les excréments. Elle était privée de tous les aspects de la vie normale d'un éléphant. Au fur et à mesure que le temps passait, sa soif de liberté augmentait, et elle allait la manifester.
 
21 avril 1993
 
Alors qu’elle performait pour le cirque des Shriners, Tyke tenta de s'échapper par l’entrée de la piste, à Altoona en Pennsylvanie.
Elle déchira une partie de la toile du chapiteau, et courue hors de contrôle pendant une heure, causant la panique parmi les 3 000 enfants présents et blessant une petite fille, l’éléphant pourchassa son entraîneur et John Cuneo, son propriétaire. 
Elle atteignit ensuite un balcon où étaient assis des spectateurs et on la  ramena dans son enclos.
Le 22 avril 1993, selon une déclaration obtenue par l'USDA , Tyke attaqua l’entraineur d’un tigre, au cirque de Richard Rosio, à Altoona en Pennsylvanie.
 
23 juillet 1993
 
Tyke tenta à nouveau de se libérer, en vain, à la Foire du Dakota du Nord à Minot.
Elle piétina et blessa un travailleur de la foire, effraya la foule, et s’échappa pendant 25mn, avant d’être capturée.
Aucune action n'a été entreprise à l'égard du cirque par l'USDA, suite à ces incidents.
Tyke devenait une menace évidente pour le public, mais Hawthorn Corp ne voulait pas lui faire prendre sa retraite.
 
Durant l’année qui suivit, Tyke continuait de « jouer » dans le cirque et vivait enchaînée dans une grange vide,en béton, entre les spectacles.
Les coups de bullhook continuaient. Sa vie lui était insupportable et elle était partagée entre la terreur et l'ennui.
 
20 août 1994 le point de non-retour
 
Cela faisait 20 ans qu’elle vivait dans ce cirque, elle était fatiguée d'être battue et humiliée.
Elle ne pouvait plus supporter la douleur et le confinement.
Elle était en colère et voulait être libre !
 
Cette après-midi du 20 août, au Centre Neal Blaidsell à Honolulu (Hawaï), la vie de Tyke allait basculer, lors de sa dernière représentation (pour le cirque des Shriners).
 
Dès son arrivée sur la piste, Tyke, folle de rage, tua son entraîneur Allen Campbell, et blessa son soigneur Dallas Beckwith, devant une foule de spectateurs affolés.
L’éléphante, guidée par la colère et la frustration accumulées pendant ces années, s’enfuit dans les rues de Kakaako, chargea les passants, écrasa les voitures et blessa Steve Hirano, un journaliste essayant vainement de l’arrêter.
 
Trente minutes plus tard, Tyke fut stoppée dans sa course par les policiers, et abattue en pleine rue par plus de 85 projectiles, devant le regard de nombreux passants choqués.
Elle mourut de multiples lésions nerveuses et d'une hémorragie cérébrale.
 
Tyke est devenue un symbole
 
Des douzaines de procès ont été intentés contre la ville, l'état, le cirque et le propriétaire de Tyke, John Cuneo. William Fenton, avocat à Honolulu, a poursuivi avec succès Cuneo au nom de nombreux plaignants (dont des enfants en bas âge), qui ont souffert des dommages psychologiques dus au massacre public de Tyke.
Aucune représentation de cirque avec animaux n'a eu lieu à Honolulu, après cet incident.
 
La  dernière image que l'on gardera de Tyke, est son corps sans vie, gisant sur le béton chaud d’une ville américaine, encore affublé de la coiffe de cirque criblée de balles.

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